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Capitaine Sanogo rejette les mesures de la Cedeao: « Aucun soldat étranger ne foulera le sol du Mali »
e Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (Cnrdre, junte militaire malienne) a rejeté samedi les décisions prises jeudi à Abidjan par les chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).
« Les décisions de la Conférence des chefs d’Etat de la Cédéao, si elles devraient être suivies d’effets, seront de nature à anéantir la dynamique de normalisation de la situation institutionnelle malienne mise en œuvre », a indiqué le président du Cnrdre, le capitaine Amadou Haya Sanogo.
Selon lui, « ces décisions viendraient sans doute saper les nombreux efforts déployés grâce notamment à l’engagement du Cnrdre, qui a veillé à satisfaire l’exécution de sa part d’obligations essentielles dans lesdits engagements », a-t-il relevé.
En sommet extraordinaire jeudi dernier à Abidjan, les dirigeants de la Cédéao ont notamment décidé de porter la transition au Mali sur une période de 12 mois, au cours desquels les élections présidentielles doivent être organisées pour choisir un nouveau président, et de déployer la Force en Attente de la Cédéao avec effet immédiat.
« La Cédéao a pris de façon unilatérale des décisions qui ne nous engagent pas », a affirmé le capitaine Sanogo. « Le président intérimaire ne fera que 40 jours (comme le prévoit la constitution malienne en cas de vacance du pouvoir, ndlr), a-t-il insisté. Au-delà , je prendrai mes responsabilités ».
En ce qui concerne l’envoi de troupes pour aider le pays à retrouver son intégrité territoriale, M. Sanogo a affirmé qu’ « aucun soldat étranger ne foulera le sol du Mali sans une demande du gouvernement malien »
Le Mali connaît une crise politico-militaire depuis mi-janvier aggravée par un « hallucinant » coup d’Etat, le 22 mars contre le président Amadou Toumani Touré (ATT). Des groupes armés ont profité du coup d’Etat pour accélérer leur offensive et prendre le contrôle des trois régions administratives composant le Nord : Kidal, Gao et Tombouctou, coupant de fait le Mali en deux.
Sous la pression de la Cédéao et de la communauté internationale, la junte a signé un accord-cadre qui a permis d’amorcer un retour à l’ordre constitutionnel avec la démission formelle du président renversé ATT et l’investiture le 12 avril du chef de l’Assemblée nationale Dioncounda Traoré comme président par intérim. Mais plusieurs observateurs soupçonnent les putschistes de ne pas vouloir se mettre à l’écart.
